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Scontri 2006 : A lingua Corsa deve campa
Programme de la journée
- 11 h : Ouverture de l’Espace Exposants
- 12 h : Inauguration suivie d’un cocktail
- 14 h – 18 h : Conférences et débats
- 18 h : Démonstration des élèves du cours de corse
- 20 h : Démonstration des élèves du cours de Polyphonies avec Charly FILIPPINI
- 20 h 30 : U Lamentu, un conte de Ghjuvan TARDI
- 21 h : Soirée avec TAVAGNA
Samedi 8 avril 2006 sur le thème : A LINGUA CORSA DEVE CAMPA
Depuis 1999, l’association « Les Amis de Cyrnea » organise une fois par an une journée, appelée Scontri, permettant à tous de découvrir un autre visage de la Corse et de partager un moment unique grâce à la mise en valeur du patrimoine culturel et artistique corse souvent méconnu du grand public.
Parce que les linguistes estiment que le 21ème siècle verra disparaître la moitié des 6000 langues parlées dans le monde,
Parce que la langue Corse est déclarée en danger d’extinction par l’UNESCO et qu’elle est directement concernée par la sauvegarde de la diversité linguistique,
Parce qu’elle est indissociable de notre patrimoine et de notre identité et qu’elle est le principal vecteur d’expression de notre culture,
Et parce que sa sauvegarde implique sa reconnaissance et sa diffusion…
Face à cette question cruciale, nous avons choisi, pour cette 8ème édition des SCONTRI, le thème :
"A LINGUA CORSA DEVE CAMPA"
LE MOT DU PRESIDENT

« A LINGUA CORSA DEVE CAMPA » Si nous avons choisi cette année ce thème, c’est que depuis des décennies en voulant éviter le verbiage, nous avons réduit la langue corse en un langage que seuls quelques milliers d’individus osent encore pratiquer.
« A LINGUA CORSA DEVE CAMPA », oui la langue corse doit vivre pour ne pas mourir, comme doit vivre la Corse, ou alors il faut séparer la langue de la pensée ce qui nous condamne à une distorsion mentale dont les corses ont du mal à se remettre depuis au moins un siècle.
« A LINGUA CORSA DEVE CAMPA », oui la langue corse vit à travers les chanteurs et les interprètes en langue corse qui parfois ne parlent pas le corse. Notre culture peut elle exister sans sa langue ? Peut elle être corse d’expression japonaise ou turque, comme il existe des écrivains qui s’expriment dans une langue qui n’est plus celle de leurs grands parents et cherchent désespérément les mots pour les décrire.
« A LINGUA CORSA DEVE CAMPA », et si les Scontri 2006 étaient cette « cugnolà » qui empêcherait la pierre de bouger et le mur de tomber ?
« A LINGUA CORSA DEVE CAMPA », que ceux qui ont encore la volonté de penser en corse redoublent d’efforts pour que cette flamme ne soit pas une fumée de cierge…

LES LIEUX :
L’Espace Reuilly
(21 rue Hénard–75012 PARIS)
Proche de la Gare de Lyon et du Palais Omnisports de Paris Bercy, l’espace Reuilly est facile d’accès, aussi bien par les transports en commun (bus et métro) qu’en voiture (parking). Ce complexe spécialement conçu pour l’organisation de salons offre de multiples possibilités. Pour accueillir les " Scontri 2006 ", il sera constitué de plusieurs espaces autonomes : le salon des exposants, la galerie où seront affiché des panneaux d’information sur la langue Corse et la salle de spectacle d’une capacité de 300 à 700 places.
L’Espace Cyrnea
(38 allée Vivaldi–75012 PARIS)
A proximité des salles de conférences et de spectacles, accueillera les invités et leur permettra de se détendre et se restaurer.
Les Intervenants
Francine DEMICHEL
D’origine Corse, elle est aujourd’hui professeur de droit public à l’Université Paris VIII.
Elle est également l’ancienne présidente de cette université et l’ancienne directrice de l’enseignement supérieur au ministère de l’Education Nationale.
Elle travaille principalement sur le droit des institutions Universitaire et sur le droit de la santé.
Thème de sa conférence :
- Langage et Politique : l’état, le pouvoir et la langue politique.
- Quels sont les rapports entre langue majoritaire et les devenirs minoritaires ?
- Comment articuler l’uniformité et les différences notamment insulaires ?
Jean-Marie ARRIGHI

Né le 31 juillet 1951 à Ajaccio. Ancien élève de l’E.N.S. de Saint-Cloud (1971), agrégé de Lettres classiques (1974), coordonnateur académique langue et culture corses (1989), Inspecteur d’Académie - Inspecteur pédagogique régional chargé de la langue et de la culture corses (1991).
Principales publications :
- Projets de constitution pour la Corse (édition du projet de Rousseau pour la Corse et des documents sur lesquels il a travaillé) – avec Philippe CASTELLIN ; la Marge, Ajaccio, 1980 ;
- Disinganno (traduction et commentaire d’un des deux grands textes « justificatifs » de la révolution corse, publié en 1736 par le chanoine Natali – avec Philippe CASTELLIN, la Marge, Ajaccio, 1982 ;
- U Vangelu (en équipe), traduction des Evangiles en corse, Alliance biblique universelle, 1994 ;
- Préface à La constitution de Pascal Paoli, publiée par Dorothy Carrington, la Marge, Ajaccio, 1996 ;
- Le mémorial des Corses tome VII, dirigé avec Marie-Jean VINCIGUERRA (histoire de la Corse de 1980 à 1999), Albiana, Ajaccio, 1999 ;
- Histoire de la langue corse, Editions Jean-Paul Gisserot, Paris, 2002 ;
- Articles dans les revues Cuntrasti, Isule, Rigiru, Kyrn, Arritti, Cadmos, Peuples méditerranéens (Corse, l’île paradoxe, 1987). Collaborateur régulier du mensuel Corsica depuis 1999.
Thème de sa conférence : L'enseignement du corse :
- situation juridique, textes nationaux et pouvoirs de la CTC ;
- statistiques (nombres d'élèves premier et second degrés, enseignement de la langue et enseignement bilingue)
- éléments positifs et difficultés, perspectives. Rôle de l'enseignement et place de la langue dans la société.
Jean Guy TALAMONI

Jean-Guy Talamoni, avocat à la Cour d’appel de Bastia, est également président du groupe des élus nationalistes (Unione Naziunale) à l’Assemblée de Corse. Il a été, depuis des années, le chef de file de ces élus. À ce titre, il a dirigé les différentes délégations qui ont négocié avec Paris, notamment à l’occasion du « processus de Matignon » ouvert par Lionel Jospin en 1999.
Conseiller municipal de Bastia, il a également présidé, de 1999 à 2004, la Commission des affaires européennes de l’Assemblée de Corse et a entretenu, dans le cadre de ses fonctions, des relations régulières avec les autorités étrangères et communautaires. Il est membre du « Cunsigliu di a lingua è di a cultura corsa » (Conseil de la langue et de la culture corse), récemment créé par l’Assemblée et dont le groupe nationaliste est à l’origine.
Jean-Guy Talamoni a publié un essai politique, Ce que nous sommes (éditions DCL/Ramsay, 2001), un livre d’entretien, Libertà (DCL, 2004), ainsi qu’un ouvrage d’ethnolinguistique, Dictionnaire commenté des expressions corses (DCL 2004) pour lequel lui a été décerné le prix du livre corse 2005.
Nous précisons que :
- Olivier BOSC (Conseiller technique des langues de France au Ministère de la Culture)
- Antoine GIORGI (Président du « Cunsigliu di a lingua è di a cultura corsa » et Président de l’Agence du Tourisme de la Corse),
Après s'être engagés à venir intervenir au cours des conférences et débats, se sont décommandés la veille sans nous donner aucune chance de les remplacer...
Nous ne les remercions pas...
U RIACQUISTU
Au sortir de la seconde guerre mondiale, l’expression en langue corse est associée aux idées fascistes suite au procès des irrédentistes en 1946, condamnés pour collaboration. Pourtant des auteurs en langue corse comme Simon Vinciguerra furent de grands résistants.
Le corse se trouve alors cantonné à la sphère privée et à l’oralité. Son exclusion en 1951 des dispositions de la loi Deixonne n’émeut personne.
Pourtant à partir des années 70, un mouvement de réappropriation de la culture corse menacée se développe, c’est la période du Riacquistu.
U muntese, précurseur du riacquistu.
En 1955, parait la revue « U muntese » dirigée par Petru Ciavatti dont l’objectif est la défense du dialecte et des traditions corses. Mais la revue intéresse peu les jeunes corses. Le journal plaide pour l’entrée du corse à l’école et produit un dictionnaire qui fait encore aujourd’hui référence.
En 1963, la revue atteint 700 abonnés mais son influence concrète demeure faible.
En 1972, elle disparaît faute d’un souffle nouveau.
U riacquistu.La montée des revendications sur la langue.
Face au danger d’extinction de la langue corse, les jeunes commencent à se mobiliser sur fonds de revendication identitaire.
Après 1968, plusieurs universités (Aix, Nice, Paris III) proposent des cours de corse.
A partir de 1971, des associations se créent pour enseigner le corse dans l’île. La fédération Scola Corsa réclame la reconnaissance du corse dans la loi Deixonne ; ce sera chose faite en 1974.
Des universités d’été se tiennent à Corté.
Le rôle du chant, du théâtre et de la poésie dans le mouvement de riacquistu.
De jeunes groupes comme Canta u populu corsu se forment, redonnent ses lettres de noblesse au chant corse notamment au travers des polyphonies et modernisent la tradition orale.
Malgré l’hostilité de certains milieux qui voient uniquement dans ce mouvement des revendications d’ordre politique nationaliste, un mouvement culturel d’ampleur voit le jour.
Parallèlement, des linguistes corses établissent un système cohérent, notamment au travers d’ouvrage comme Intricciate e cambiarine

Quatre bonnes raisons d’enseigner les langues régionales de France
La construction de la France au travers d’une politique d’unification linguistique contraint tout discours positif sur les langues et cultures régionales à se justifier, alors voici quatre bonnes raisons d’enseigner les langues régionales de France.
Une raison éthique.
On accuse les défenseurs des langues régionales de favoriser le communautarisme et le repli sur soi.
C’est FAUX !
Sur un territoire donné, apprendre la langue locale permet de mieux connaître les autres et leurs cultures mais permet aussi de mieux se connaître afin de vivre tous en harmonie.
Comment la France peut elle se déclarer universaliste et défendre la diversité culturelle à l’extérieur si elle refuse l’altérité dans sa propre société ?
L’éveil aux langues étrangères.
A l’heure de la mondialisation, il est impératif de connaître plusieurs langues étrangères.
L’enseignement des langues régionales prépare les enfants au plurilinguisme. Plus un enfant connaît de langues, plus il en apprend facilement par comparaison entre elles, et mieux il maîtrise sa langue maternelle.
La réparation.
Même s’il ne faut pas juger de façon anachronique la politique d’uniformisation linguistique de la France, une telle politique serait inacceptable de nos jours.
A l’heure où la politique d’assimilation à la française montre ses insuffisances, il faut repenser un projet de société dans lequel la société multiculturelle, ouverte à l’altérité est mise à l’honneur face à une conception monolithique dépassée.
L’utilité sociale.
Beaucoup considèrent qu’il est trop tard pour mener une politique de revitalisation des langues régionales, que ces langues moribondes n’ont plus qu’une valeur de « patrimoine historique ». D’ailleurs n’ont-elles pas été abandonnées par leurs locuteurs ?
C’est FAUX !
Les langues régionales sont vivantes dans la communication privée mais aussi dans les productions culturelles, artisanales, touristiques…Les besoins en formation sont donc réels.
L’hégémonie de la langue française imposée a détruit les fonctions économiques des langues régionales et poussé les locuteurs à choisir la « langue du pain », le français.
L’abandon forcé de la langue régionale, considérée comme inférieure, a provoqué dans certaines régions un dangereux sentiment d’être méprisé par l’Etat. L’enseignement des langues régionales permet d’assainir la situation
Finalement, l’enseignement des langues régionales contribue grandement à la formation de citoyens porteurs de valeurs démocratiques, capables de réfléchir sur le monde qui les entoure et en premier lieu la société dans laquelle ils vivent.

Qu’est ce que la littérature en langue corse ?
C’est par l’intermédiaire de la poésie orale que les auteurs corses sont passés à l’écrit
1ères productions écrites : poèmes comiques décrivant la société rurale du XIXème siècle.
- Versi di Sagra de Ugo Peretti : opposition entre un couple de bergers
- Viaghju in Ascu de Massiani : voyage comique dans un village de montagne
- Preti Santu de l’évêque de la Foata : tableau satirique de la Corse du XIXème siècle
- Versi corsi de Vattelapesca (1887) : regard ironique sur la société bastiaise.
Après la 1ère guerre mondiale, développement de la littérature corse comme affirmation d’une langue à part entière
- A cispra de Versini et Paoli (1914)
- Corsica, isula sviata de Paoli (1928) : œuvre revendicatrice
Certains poètes restent très fidèles à la forme et aux thèmes de la poésie orale
- Lamentu di u castagnu de Paoli di Taglio (1926)
- Risu e canti, Canzona di u cuccu de Maistrale : description de la vie corse de son temps, de la nature et de l’histoire
- Œuvres de Simon-Jean Vinciguerra, futur dirigeant de la résistance, de Martinu Appinzapalu, de Carulu Giovon
1925 : Création de la revue Baretta misgia publiant les textes des improvisateurs
traditionnels
D’autres poètes nés au début du XXème siècle et ayant étudié en Italie s’inscrivent eux dans la tradition poétique italienne et par là dans la littérature contemporaine :
Entre 1950 et 1970 : Absence de renouvellement de génération parmi les auteurs, seuls des auteurs nés avant le siècle ou avec lui produisent :
- Rocca, Giovoni, Ghjacumu Simonpoli, Simonu d’Aullè (Simon Dary)
Les pionniers de la prose en langue corse.
Santu Casanova, créateur du 1er journal en langue corse, A tramuntana.
C’est le début d’une prose engagée dénonçant l’état misérable de la Corse
- Maistrale, auteur notamment de Lettere da u paese
1930, Naissance du roman en langue corse avec Pesciu anguilla de Sebastiano Dalzeto qui écrit aussi en français. C’est un « roman bastiais » qui décrit les milieux populaires urbains. Son héros, petit cireur de bottes parvient à l’ascension sociale par l’Eglise mais décide finalement de revenir au peuple.
Prose des années d’après-guerre :
Cette prose est marquée par la nostalgie de la vie au village
Les auteurs ont souvent fait de brillantes carrières hors de l’île et rêvent de renouer avec leur enfance.
- Ignaziu Colombani (Ricordi), Joseph-Marie Bonavita (U pane azimu), Trojani (Dopu cena en 1973, Pece cruda en 1982)
Natale Rochiccioli s’illustre par une prose à part, seule à décrire son époque. Cavallaria paisana (1955) décrit les contradictions d’un village pris entre tradition et monde moderne.
Les années 80 : Une prose en harmonie avec son temps
Une production de romans féconde :
- U cimiteriu di l’elefanti de Michele Poli (1984) : description d’un village de la plaine orientale
- Una spasimata de Rinatu Coti (1985) : itinéraire d’un enfant découvrant le milieu urbain
- Ed eo mi sentu chjamà, Ghjulia de Benedetta Vidal-Mattei
- L’impiegatu persu de Roccu Multedo
- I disgraziati de Lisandru Marcellesi : évocation des corses déportés à Cayenne
- A funtana d’altea, A barca di a Madonna et In corpu à Bastia de Ghjacumu Thiers : évocation de la société corse de l’après-guerre
L’apparition du genre « Elzeviru », brefs textes d’humeur que l’on trouve dans le magazine Kyrn.
Citons comme autres formes de prose littéraire, le livre d’histoire avec Pasquale Paoli de Fazi (1989) ; l’essai philosophique avec Intornu à l’essezza de Rinatu Coti.
Fin du XXème siècle : la nouvelle comme prose écrite phare.
- Ghjuvanluigi Moracchini, Leone Alessandri, Petru Mari, Pasquale Ottavi, Alanu di Meglio, Paulu Desanti, Ghjuvan Maria Comiti, Marcu Biancarelli
- Parmi les anthologies de ces textes : Misteri da impennà, Rise da impennà, Ci sò, Avviate et A prosa face prò.

Avant première partie : Démonstration des élèves du cours de polyphonie de Charly FILIPPINI

Charly Filippini chante l'amour, le partage et la paix. Si sa voix chaleureuse, son accent, sa poésie et ses mélodies sont corses, de naissance et de tradition, il exprime avant tout les sentiments qui font la dignité de l'Homme quelle que soit sa culture.
Dès l'âge de 17 ans, l'artiste commence à pratiquer le chant et la guitare, s'intéresse à toutes sortes de compositions musicales, et entame une carrière pour le moins diversifiée: on le verra en artiste de variété, participant à des groupes africains ou bretons!...
Son parcours en solo le conduira au Moyen-Orient, en Afrique, dans l'Océan Indien. Puis il fonde, voici 5 années, le groupe RICORDI, constitué de 4 à 7 musiciens pratiquant la guitare, la mandoline, le violon, la batterie et les claviers. Le message reste le même, avec une expression plus marquée d'une certaine nostalgie de la Corse.
Si la plupart des textes sont en langue corse, certains sont écrits en français, "afin de toucher tous les publics" déclare l'artiste, avec une expression qui n'a rien de commerciale: son oeuvre se veut touchante au sens poétique du terme.

Bien sûr, les polyphonies corses ne manquent pas dans les albums de Charly Filippini. Á ce propos il remarque: "aujourd'hui notre culture est de plus en plus reconnue, sans doute parce qu'elle est de moins en moins frileuse, de plus en plus ouverte sur le monde. Il y a 20 ans, les jeunes jugeaient la polyphonie comme ringarde: ce n'est plus du tout le cas en ce moment. La musique corse, de par ses influences berbères, est un bel exemple de métissage culturel. Ce métissage, c'est l'avenir".
Charly FILIPPINI donne des cours de chants polyphoniques à l’Espace Cyrnéa et il aura le plaisir de monter sur scène en compagnie de certains de ces élèves pour réaliser pour nous en démonstration un petit tour de chant.
Comme il le dit si bien :
Ce sont ces chants qui vous font vibrer et qui vous emportent dans un autre monde tout a fait différent que celui que vous vivez.
Vous allez voyager à travers cette terre, de Castagniccia au Niolu berceaux des polyphonies
Toujours à travers ces chants; vous sentirez l’odeur de notre maquis…
Site Internet de Charly FILIPPINI et le Groupe RICORDI
Première partie de soirée : U lamentu, un conte de Ghjuvan’ TARDI
Qui se souvient du « Lamentu di u castagnu » ?
Il semble qu’une malédiction se soit abattue sur l’Ile !
Plus aucune trace de ce lamentu si emblématique de la mémoire des anciens !
Un conteur décide de partir à sa recherche.
Entre rencontres et énigmes, retrouvera-t-on ce pan de notre mémoire ?

En 1993, Ghjuvan' TARDI intègre l'équipe corse de Radio-Pays, station de la bande FM parisienne consacrée aux langues et cultures de l'hexagone.
C'est au sein de cette station qu'il rencontre Gwendal Ar Floc'h, un conteur breton qui l'invite, lors d'une scène ouverte, à raconter un conte corse.
Le virus est inoculé et, pendant trois ans, Ghjuva' se forme, aux cotés de Gwendal, à l'art du conte.
En 1995, il rentre en Corse pour une année et anime sur l'antenne de Radio Corti Vivu, en collaboration avec le Centre Culturel Universitaire, une émission hebdomadaire consacrée aux contes corses et bretons.
Fin 1996, après son retour à Paris, il anime, sur Radio-Pays, diverses émissions sur les contes corses, et après le départ de Gwendal en Bretagne, en 1997, Ghjuvan' reprend, en collaboration avec Jacqueline Marbot, une conteuse occitane, l'animation des scènes ouvertes de contes que le conteur breton assurait jusque là.

Par la suite, il écrit différents spectacles : Vizzavona (1999), Fest Yv (2000), Mémoires d'un Enchanteur (2001), Ballades Celthyliques (2002), Chronique de Cyrnea (2003), Un soir au village (2004) et Chroniques préfectorales (2005).
En 2004 il crée le site www.corsiconte.fr, base de donnée en ligne de l’ensemble des contes corses publiés depuis 1830 et participe en juin 2005, à l’invitation de Francette Orsoni, à la nuit du conte de Veru.
Il est depuis 2003 en charge du conte au sein de l'Espace Cyrnea, l'ambassade de la Corse à Paris, et participe à ce titre à l'organisation des journées mondiales du conte à Paris.
Site Internet de Ghjuvan TARDI

Le chant polyphonique
Il existe deux formes de chant corse : le chant monodique et le chant polyphonique.
Le chant monodique : il présente une mélodie simple, capable de mettre en valeur le texte afin de faciliter sa transmission orale. Plusieurs versions sont à remarquer : celle de l'improvisation des "lamenti", des "voceri", des chants d'élection, des berceuses ...
"A ribucata", ornementation vocale spécifique à chaque chanteur, fait la beauté de ces chants monodiques donnant richesse et force d'expression à leur interprétation.
Le chant polyphonique : le mystère de ses origines n'est pas totalement éclairci et à son sujet, les interrogations sont multiples. Est-ce une survivance de la civilisation orale de la Méditerranée ? Est-ce une adaptation du chant grégorien véhiculé par les moines franciscains au XIIe siècle ? En réalité, si les similitudes avec le chant grégorien existent, les différences sont tout aussi notables. La technique ornementale est d'évidence orientale. On peut tout aussi bien penser de la polyphonie profane qu’elle dérive de la sacrée, ou alors que l'Eglise, afin de mieux pénétrer les régions difficiles de la montagne corse, a utilisé la polyphonie profane à des fins liturgiques. Une donnée est cependant certaine, la Méditerranée a subi trois influences primordiales : le courant indo-européen venu des Balkans, du Caucase et d'Arménie, le courant sémite avec son ornementation vocale et sa propension à l'exultation, le courant religieux enfin qui influencera la totalité de l'Occident.
La Corse, au cœur de la Méditerranée, a certainement puisé dans ces trois courants les fondements de sa culture.
La mémoire et le chant initial
Dans les strates du temps, combats, souffrances, traditions, amours, morts, se mêlent par toutes ces voix, en une couleur pourpre et sombre de la polyphonie corse. Forme maintenue contre vents et marées, de chant à oreille, elle est restée authentique. C’est un chant à trois voix, on a envie de dire, les voix de la profondeur. On dira aussi le chant primordial.
Dans le monde, le chant polyphonique a ses grandes œuvres, ses grands maîtres et concerne le plus souvent l’espace religieux. En Corse, tout peut se chanter en « paghjelle » sans accompagnement instrumental. C’est un art essentiellement populaire, il couvre tout l’espace humain.
Les sujets éternels sont chantés, depuis les interrogations sur l’homme, la nature, jusqu’aux saillies pertinentes sur les comportements, la société, les évènements, l’humour, authentique, pour revenir à des préoccupations spirituelles. C’est une façon originale et très élaborée de traduire la condition humaine.
Nul n’y reste indifférent car ce chant dit tout de l’homme.

Notre soirée de clôture avec le Groupe Polyphonique TAVAGNA
Etre ensemble, passionnément. Faire éclore les jeunes pousses sur les vieux troncs immémoriaux.
Que la Corse toute entière retentisse, de village en village, des échos de la vie, des échos de la générosité, de l'ouverture aux autres sans jamais se lasser.
C'est ce à quoi Tavagna s'attache depuis bientôt trente ans.
Sur les lèvres, toujours, un chant offert à tous.
La formation complète des Onze chanteurs
- Ghjuvan-Carlu ADAMI (seconda - terza)
- Ghjuvan-Claudiu ALBERTINI (seconda)
- Ricu BARRE (bassu)
- Claudiu BELLAGAMBA (seconda - bassu)
- Tumasgiu CIPRIANI (seconda - bassu)
- Daniele GONET (terza)
- Ghjuvan-Petru LANFRANCHI (terza - seconda)
- Ghjuvan-Stefanu LANGIANNI (bassu - seconda)
- Carlu LEVENARD (bassu)
- Francescu MARCANTEI (bassu)
- Mighele PAOLI (seconda - bassu)
Discographie
- "CHJAMU" - 1981 - Album 30 cm et K7 (RICORDU)
- "INCONTRU" - 1984 - Album 30 cm (NATO)
- "TRA TALLE E RADICONI" - 1987 - Album 30 cm et K7 (Prod. et distr. TAVAGNA)
- "PIAZZA DI LUNA" - 1989 - CD (CELP - HM)
- "BLUES DI PAESE" - 1990 - CD et K7 (Prod. et distr. TAVAGNA)
- "A CAPPELLA" - 1992 - CD et K7 (Silex - Auvidis)
- "COR DI MEMORIA" - 1996 - CD et K7 (BMG)
- "ALTERNATIM" - 1996 - CD et K7 (BMG)
- "TAVAGNA IN VERU" - 2001 - CD (SERGENT MAJOR COMPANY)
- "TAVAGNA CANTA Malcom BOTHWELL" - 2002 - CD (SERGENT MAJOR COMPANY)
Site Internet du Groupe TAVAGNA
Remerciements :
Pour le soutien qu’ils nous ont apporté, nous tenons à remercier :
La Société « Sitec »
L’étang de Diana
La Brasserie « Pietra »
« Vestitu Corsu »
« Castavena »
« Corsica Ferries »
Le Restaurant « Le Lamark »
Les menuiseries « Lenzi »
Les Huiles « Oru di Balagna »
La Société « Netagents »
« Corsofonia »
Nous remercions les intervenants qui ont bien voulu donner de leur temps pour venir présenter leurs conférences et débattre avec nous sur Paris.
Nous remercions également le groupe TAVAGNA, pour nous avoir encouragés dès le début dans notre démarche et de manière générale pour le magnifique travail qu’ils font en Corse depuis de nombreuses années…
Nous remercions Mme Michèle BLUMENTHAL, la Maire du 12ème arrondissement qui a compris notre démarche et a bien voulu nous donner la gratuité de l’Espace Reuilly ainsi que tous les élus qui sont intervenus en ce sens pour qu’une telle rencontre se réalise.
Nous remercions enfin l’ensemble des bénévoles des trois associations organisatrices « Les Amis de Cyrnéa », « A Squadra Corsa » et « U cullettivu di Radio Paese » pour la plupart élèves des cours de corse sur Paris qui ont donné de leur temps sans compter et se sont impliqués dans cet évènement avec pour seule motivation :
A LINGUA CORSA DEVE CAMPA.

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